l'armée des morts

l'armée des morts
Infirmière aux urgences de Milwaukee, Ana termine tout juste ses treize heures de travail d'affilée, ne prêtant qu'une attention vague au fait qu'un patient vienne d'être admis aux soins intensifs pour une simple morsure après avoir passé une radio du crâne. Sans davantage prendre garde aux informations alarmantes qui passent à la radio, elle rentre chez elle, dans un quartier résidentiel où l'attend son mari, Luis. Ana a réussi à leur prévoir un week-end de trois jours. Ils font l'amour, ratant le flash spécial d'information qui passe entre deux spots de publicité, puis se couchent...

A 06h37, Luis est réveillé par Vivian, leur petite voisine. Elle est encore en chemise de nuit. Sa bouche est mutilée et ensanglantée. Alors qu'il se précipite vers elle et demande à Ana d'appeler des secours, la fillette lui saute à la gorge... et la lui déchire à belles dents. Malgré les efforts d'Ana, il meurt rapidement et se métamorphose presque aussitôt en zombie. Un réveil coup de poing pour Ana, qui va brutalement réaliser que les morts-vivants, hystériques et affamés, ont envahi le quartier, la ville, le pays... Elle fuit en voiture au milieu du chaos, puis, dans sa panique, est victime d'une brutale sortie de route.

Comme on voit, c'est par abus de langage qu'on parle de remake (quand bien même la promotion a été basée sur cet argument), et comparer les deux "Dawn of the Dead" (1978 et 2004) pour décider lequel est le meilleur commence, au bout d'un moment, à être assez inutile. Un excellent début de cinéaste incompris pour Zack Snyder, dont c'est, faut-il le rappeler, le premier long-métrage. Son esthétique, éminemment lisible par le plus jeune public (et alors?), le succès qu'elle a entraîné, ont en effet engendré envers lui un tollé réactionnaire du plus bel effet. Et paradoxe, les défenseurs et les pourfendeurs du "Dawn of the Dead" 2004 se sont souvent rejoints dans la même erreur, celle qui consiste à dire qu'il ne contient pas ou presque de critique sur la société d'aujourd'hui, que tout n'y est que pur divertissement.

Premièrement, c'est faux. Le film de Snyder est d'ailleurs infiniment plus chargé du côté du discours. Deuxièmement, ceux-là mêmes qui pointent du doigt cette prétendue absence de critique ne se privent pas, par ailleurs, d'encenser des films qui, eux, en sont véritablement dépourvus. Troisièmement, on ne sait pas de quel chapeau magique est sortie cette magnifique loi selon laquelle une critique de la société d'aujourd'hui devrait être menée de la même façon en 2004 qu'en 1978 pour être reconnue, nonobstant la différence individuelle des réalisateurs. Zack Snyder, en effet, ne s'appelle pas George A. Romero, et il ne l'a jamais prétendu. Et quatrièmement, on ne voit pas en quoi le divertissement serait incompatible avec la critique!

James Gunn, maintenant... James Gunn ? Ce dernier n'est pas seulement le scénariste de "Scooby Doo 1 & 2" (2002, 2004) comme on s'est plu à le dire. Il a également été scénariste pour la Troma, et notamment de "Troméo et Juliet" (1996), "Sergent Kabukiman" (1997), "Terror Firmer
" (1999) et la série "Tromaville Café" (1997).

Peut-être peut-on s'expliquer par là l'extrême liberté d'inspiration que le jeune homme a pris vis-à-vis du scénario d'origine de George A. Romero, ainsi qu'une tendance à la démesure (la fameuse explosion de la bombonne de gaze) et une certaine maladresse dans l'écriture des dialogues, trop démonstratifs, point faible du film avec une direction d'acteur mal assurée de la part de Zack Snyder. Passer d'un genre parodique à un film sérieux est un virage qui ne se négocie pas sans maladresses, mais il réserve aussi de bonnes surprises. "Dawn of the Dead" 2004 déborde par exemple de citations de films de zombies, et pas seulement du film de 1978, dont il ne reprend strictement que l'idée du centre commercial, ici le "Cross Roads Mall" : le centre où se croisent toutes les routes.

Le but de Gunn et Snyder n'a jamais été de remplacer l'original par la copie (d'ailleurs, quel remake a jamais eu cette intention?). En un hommage des plus fidèles à l'esprit de la trilogie romérienne, ils ont visé au contraire à prouver, tant du point de vue du discours que de l'esthétique, qu'un nouveau film de zombies pouvait être réalisé aujourd'hui, sur la société d'aujourd'hui. Inutile donc de préciser le rôle décisif qu'a joué "Dawn of the Dead" 2004 auprès des producteurs pour enfin permettre à George A. Romero de tourner "Land of the Dead".

Trop d'informations, trop de travail, tout va trop vite dans le monde d'Ana. Tout va beaucoup trop vite dans le monde en général, et même la mort y galope à toutes blindes, avide de se répandre partout comme une vague de chair pourrie et cannibale (en 25 ans, la frénésie de consommation n'a pas baissé, elle est devenue pure vitesse de propagation morbide et décérébrée). Hommes et femmes ne se voient plus qu'en coup de vent. Lorsqu'il faut s'unir pour faire face au danger, on commence par se tirer dessus avant de parler (le générique de début est un mélange de scènes de carnages et d'émeutes lourdement réprimées), on s'appuie sur les vieilles bonnes règles (les vigiles du Mall), on se méprise, on se déteste, on se met en cage, on se juge, on tente de s'apprivoiser. La désorientation et la consternation règnent. Si ça ne constitue pas un discours sur la société, je ne sais pas ce que c'est.

Contrairement à ce qui se passe dans le "Dawn of the Dead" de 1978, les personnages ici ne sont pas des gens renseignés, et ils n'ont rien de sympathique, nous tendant un miroir assez désagréable à regarder. Ce sont des individus lambdas qui recoupent toutes les catégories sociales et qui constituent un éventail complet des attitudes actuelles vis-à-vis des problèmes du monde : l'individualisme forcené et obtus (Kenneth), le conformisme aliéné (C.J., qui surinvestit bêtement l'importance des règles du monde dans lequel il a réussi à se faire une place, mais qui sont déjà désuètes, et son équipe de vigiles), le cynisme trouillard (Steve Marcus et sa greluche), le recours à la tradition (André et Luda), les belles intentions qui ne sont pas à la hauteur de la réalité (être humaniste aboutit à se faire dégommer ou à éliminer les "infectés"), etc. Tous assistent au chaos, impuissants devant les écrans de télévision du Mall, où l'on retrouve les acteurs du "Dawn of the Dead" de Romero dans des rôles de porte-parole de diverses autorités (Tom Savini en shérif, Ken Foree en prédicateur évangéliste). Tous vont essayer de trouver une issue, mais le moins qu'on puisse dire, c'est qu'entre les séquelles qu'a laissé en chacun le monde de la consommation effrénée (pas le temps de pleurer), la perte du sens de ce que peut être un être humain (le shoot a la carte se fait sur des zombies à l'air curieusement hargards, et on leur donne des noms d'acteurs), les réflexes de mépris, de bêtise (risquer la vie des copains pour un toutou) et de lâcheté (Steve), ce n'est pas gagné... En gros, les seuls moments heureux sont la petite crise de consommation, chacun dans son coin, et la partie d'échec à distance, où les pièces abattues sont des effigies des personnages de l'Histoire...

Par son esthétique nerveuse et saccadée, Zack Snyder communique une sensation extrêmement désagréable de trop plein chaotique et incontrôlable. Son expérience dans le domaine de la publicité et du clip musical l'a bien placé pour savoir de quoi il parle et comment en parler, mais contrairement à Danny Boyle (qui a la même expérience publicitaire) dans "28 jours plus tard", il ne s'en sert à aucun moment pour embellir son tableau en lui donnant un joli côté d'esthète. Ici le verdâtre, le gris et la surexposition dominent, démontrant s'il en était besoin que l'univers aseptisé dans lequel nous vivons est d'ores et déjà une sorte de morgue à l'usage des cadavres. Tout va vite, mais tout reste immobile. Tout est très propre, mais tout est très crade. Là encore, si tout cela n'est pas un discours critique sur la société d'aujourd'hui, je ne sais pas ce que c'est.

Le film de Snyder est bien plus noir et pessimiste que celui de Boyle, il est même profondément nihiliste. Accompagné de country ("When the man comes around", de Johnny Cash, variation sur l'Apocalypse selon St Jean), de crooner déjanté ("Down with the sickness", de Richard Cheese) et de tubes pop pris à contre-emploi ("Have a nice day" des Stereophonics ou "Don't worry be happy" de Bobby Mc Ferrin), la première tentative des personnages pour trouver une solution (S.O.S. adressés au ciel) est celle-là même qui terminait "28 jours plus tard", et ne reçoit en réponse que la plus grande indifférence : lucide et logique. Le générique de fin, quant à lui, se passe de commentaires. Quand bien même les hommes auront appris à s'entraider, la mort ne fera pas de quartiers.

"L'Armée des Morts" n'est pas vraiment un remake, c'est un très bon film. La postérité lui est d'ailleurs assurée pour un nombre remarquable de scènes, qui deviendront certainement cultes à leur tour par le sens et l'émotion qu'elles recèlent : les génériques de début et de fin, l'exécution de Franck, la communication à distance entre Kenneth et Andy, la séance de "shoot à la carte" de ce dernier, l'accouchement de Luda, la sortie hallucinante des bus blindés, le sacrifice de C.J... Ce qui fait beaucoup de bonnes choses, pour un premier film!

# Posted on Friday, 03 June 2005 at 11:35 AM

zombie

zombie
Les zombies ont envahi la Terre. Partout, les morts se remettent à marcher et à tuer, contaminant et transformant en zombie chaque personne qui se fait mordre. Un groupe d'intervention se rend dans un immeuble où des rebelles gardent les morts. Après un petit carnage, la troupe d'intervention se charge d'abattre définitivement les zombies en leur tirant une balle dans la tête. Roger fait la connaissance de Peter et lui propose de se joindre à lui et de quitter la ville en hélicoptère avec deux autres de ses amis. Les deux hommes rejoignent Stéphane, le pilote, et sa fiancée. Tous s'envolent vers une direction inconnue. Au alentours, les mêmes scènes se reproduisent : les zombies déambulent et se font tirer dessus par des milices qui essayent de protéger la population. Après avoir fait un arrêt pour remettre de l'essence et tuer quelques zombies, l'hélicoptère repart. Stéphane apercoit alors un supermarché qui a l'air abandonné. Se posant sur le toit, nos quatre amis décident de s'installer a l'intérieur. Malgré la présence des zombies, Roger et Peter parviennent à ramener des vivres. La vie commence à s'organiser au sein du groupe. Ils décident ensuite de se servir de camions abandonnés pour bloquer les portes du supermarché afin d'en interdire l'accès aux zombies. Roger prend un malin plaisir à liquider les zombies mais son tempérament excessif lui fera commettre une erreur et il se fera mordre a la jambe...

Voici "LE" film de zombie qu'il faut avoir vu ! Un choc absolu, une grande claque qui vous marque à jamais. Romero a réalisé un véritable western urbain, où l'action domine, et où on assiste à des scènes d'horreurs incroyables de réalismes, concoctées par le génial Tom Savini. Une oeuvre majeure, rythmée par la musique des Goblins, devenue également une réference incontournable ! Romero, à travers son film, dénonce la société de consommation de masse et place donc la majeure partie de l'action dans un supermarché semblant abandonné mais étant sous la domination des zombies. Ce lieu gigantesque permet de varier les actions des héros qui doivent fermer les portes pour se protéger à l'aide de camions, ce qui les expose aux zombies puisqu'ils doivent sortir dehors récupérer les engins. La scène qui dénonce le plus cette société de consommation est celle ou les Hell's Angels débarquent dans le magasin et pillent absolument tout, emportant des objets totalement inutiles. Bref, un sommet, un chef d'oeuvre, que dire encore...

# Posted on Friday, 03 June 2005 at 11:30 AM

massacre a la tronconneuse 2003

massacre a la tronconneuse 2003
Texas, été 1973. Découverte d'un massacre perpétré par une famille démente. Quelques jours plus tôt, cinq jeunes, en voyage, circulent sur une route secondaire lorsqu'ils prennent à bord de leur camionnette une jeune femme en état de choc, qui prononce des paroles qui n'ont pas de significations particulières. Quand, prise de panique, elle se suicide. Les jeunes gens décident alors de contacter le shérif du comté. Ils vont vite s'apercevoir que les habitants ont un sens particulier de l'hospitalité.

Plus qu'un remake, cette version 2003 se place à d'autres niveaux de comparaison que le "Massacre... " original. Là où le film de Hooper jouait de la suggestion et d'un style proche du documentaire, la version de Marcus Niespel, marque sa différence en accentuant l'esthétisme (de magnifiques plans de la forêt, une maison lugubre et imposante, un ton ocre) et en faisant usage de scènes gores. On peux remercier l'équipe du film d'avoir su restituer une certaine ambiance malsaine et de faire preuve de sadisme (la tronçonneuse dans la jambe, un type suspendu à un crochet). Ajoutez à cela l'absence de second degré, et l'on se retrouve devant un long-métrage d'horreur tel qu'il s'en faisait dans les années 70 et 80. Un résultat réussi, même si la terreur et le stress engendré par ce film est de moindre intensité. Il n'est d'ailleurs pas honteux pour la jeune génération de spectateurs de se plonger dans ce remake, à condition d'aller visionner le chef d'½uvre de Tobe Hooper !! Un regret néanmoins: que Leatherface ne soit pas plus présent.

# Posted on Friday, 03 June 2005 at 11:27 AM

blade

blade
Pour ce film de vampires à grand spectacle, dans la lignée des Comics chers à David Goyer ("Dark City", ou encore le prochain "Ghost Rider", on pouvait s'étonner a priori du choix de Stephen Norrington à la réalisation. A l'époque, ce dernier était en effet essentiellement connu comme spécialiste des effets spéciaux, que ce soit en tant que technicien ou producteur ("Aliens le retour", ou bien plus récemment "L'exorciste : au commencement"), tandis que son premier film, "Death Machine", était passé quasiment inaperçu. Crainte principale : celle d'assister à un métrage purement axé sur la volonté d'en mettre plein la vue, comme cela a d'ailleurs fini par arriver à Norrington avec "La ligue des gentlemen extraordinaires". Mais, fort heureusement, "Blade" tient la route, et sans révolutionner de fond en comble le genre des "homini nocturni", inaugure avec efficacité cette désormais trilogie, qui aura fait passer nos amis vampires à l'âge du sang techno-numérique.

1967. Dans un hôpital, une jeune femme gravement blessée à la gorge meurt en accouchant de son fils.

De nos jours, tandis que la nuit tombe sur la ville, un jeune homme se laisse conduire dans une boîte de nuit branchée située dans un abattoir. Rejeté par les danseurs avec lesquels il essaie de nouer contact, il est carrément agressé lorsque les extincteurs de secours arrosent de sang frais les vampires amateurs de techno. Rampant afin de prendre la fuite, il se retrouve aux pieds d'un homme revêtu d'une cuirasse et d'une cape noires, armé d'un fusil à pompe, de pieux d'argent et d'un sabre : "Blade" (Wesley Snipes). Entre ce dernier et les vampires, un combat acharné s'engage, au terme duquel le guerrier cuirassé immole Quinn (Donal Logue).

Le cadavre calciné attérit dans l'hôpital où travaille Karen Jenson (N'Bushe Wright), mais Quinn est encore vivant. Alors que "Blade" surgit de nouveau pour lui régler son compte, il a le temps de mordre la jeune hématologue avant de s'enfuir. Troublé par la ressemblance de Karen avec sa mère, "Blade" décide de tenter de la sauver, et l'emmène avec lui dans le repaire secret qu'il partage avec son coéquipier Abraham Whistler (Kris Kristofferson)...

Règle obligatoire de ce genre de film, la scène d'introduction donne d'emblée le ton général. Avec cette excellente idée d'une boîte de nuit hype dispensant à ses habitués une douche sanglante au lieu du bain de mousse traditionnel, puis un combat nerveux chorégraphié avec talent (Wesley Snipes, également producteur du film, pratique la capoera depuis des années), Norrington administre une séquence graphique assez enthousiasmante. Lumières froides, décor épuré, sang rouge vif, mouvements de caméra rapides et tournoyants, les vampires nouvelle génération paraissent sacrément excités (art martial, crochets, pistolets mitrailleurs) et sont envoyés ad patres avec autant d'entrain (contemporains en cela des morts-vivants à haut-débit de Danny Boyle et Zack Snyder). Quoique d'une bonne définition, les effets spéciaux n'interviendront pas toujours avec autant de réussite. Les éclatements organiques de la seconde partie du film prennent par exemple un tour artificiel et grotesque tranchant maladroitement avec le reste, l'ambiance Comics virant au comique tout court. Mais ce n'est là qu'une exception au passage, sans doute commandée par le souci de ne pas faire verser "Blade" dans l'horreur pure, et le rituel fantastique de la Magra rétablira convenablement les choses.

De même, si "Blade" use de clins d'½il distanciateurs et de mimiques viriles un peu lourdes, c'est sans compromettre l'atmosphère d'ensemble, comme ce sera au contraire le cas avec le "Faust" de Brian Yuzna. Il s'agit ici de conserver la ligne directrice du projet : un film d'action fantastique et divertissant avant toute chose. En fait, quelques années plus tôt, un obscur Jake West avait atteint les sommets du ridicule en essayant de réaliser une chose équivalente ("Razor blade"). Mais là, aucun doute : tout en choisissant un ton "light", "Blade" reste efficace, et Norrington remporte aisément la mise.

Les héros de Comics sont la plupart du temps partagés entre une identité civile officielle et leur nature de justicier, occasionnant des troubles schizophréniques ("Batman", "Faust") et/ou des quiproquos affectifs ("Superman", "Spiderman") qui s'intègrent à la trame narrative et la compliquent. Ici, rien de tel : si "Blade" possède bel et bien un nom et un prénom d'origine (Eric Brooke), personne ne s'en soucie. Dans un monde d'ores et déjà envahi par les vampires, ce sont ces derniers qui dissimulent leur véritable nature, tandis que le héros, obligé de vivre caché, ne se départira jamais de ses attributs guerriers. Et pour cause : la dichotomie qui s'instaure d'ordinaire entre l'apparence du héros et sa vérité est ici balayée pour laisser place à un conflit biologique. "Blade" porte en lui les gènes spécifiques des créatures qu'il affronte, et son coéquipier Whistler doit régulièrement lui administrer un sérum pour éviter une mutation complète. Cette originalité, tout en inscrivant le film dans un contexte résolument contemporain, permet aussi de simplifier la narration... au détriment de toute psychologie, celle-ci demeurant superficielle et cantonnant les personnages dans des clichés très orthodoxes. Si vous cherchez de l'émotion et de l'originalité dans le dessin des caractères, ce n'est donc pas dans "Blade" que vous les trouverez...

A vrai dire, les personnages les plus intéressants du film sont les méchants (qui a dit "comme d'habitude" ?), c'est-à-dire les vampires assumés. Divisés entre notables du cercle d'Erebus et arrivistes à la solde de Deacon Frost (Stephen Dorff), le monde des vampires reprend ici les éléments initiés par Anne Rice, tout en les débarassant une fois pour toute de tout argument dix-neuviémiste, et en faisant de leur opposition un certain reflet de la réalité contemporaine. D'un côté les conservateurs bien établis dirigés par Gaétano (Udo Kier), qui souhaitent jouir de leurs privilèges en toute discrétion. Et de l'autre, les ambitieux aux dents longues, cyniques, agressifs et à la pointe de la mode, ne souhaitant renouer avec leurs origines ancestrales que pour instaurer leur pouvoir mondial d'une façon définitive et déclarée (la thématique du vampire pur et impur évoquant tout à fait celle d'une race "aryenne"). Au beau milieu, on trouve "Pearl", gardien des archives assez incongru semblant sortir tout droit de "Star Wars", et donnant lieu à un supplice bien sadique de la part de Karen Jenson... Mais entre modernisme high-tech, glyphes kabbalistiques et complots somme toute classiques, Stephen Dorff incarne un Deacon Frost impétueux qui n'est pas sans rappeler les personnages de "Roméo+Juliette" de Baz Luhrmann, et c'est sans doute lui qui remporte la palme des interprètes de "Blade".

Avec ses défauts par-ci par-là et son ambition mesurée, "Blade" remplit donc son objectif principal : accomoder les vampires à la sauce Comics branchée, et Norrington peut se féliciter de nous avoir fourni un film plus qu'honnête. Une agréable mise en bouche avant le deuxième opus réalisé par Guillermo Del Toro, qui allait prendre une toute autre envergure.

# Posted on Friday, 03 June 2005 at 10:26 AM

jeepers creepers

jeepers creepers
Darry et sa soeur Trish se rendent chez leurs parents. Ils roulent tranquillement sur une petite route de campagne quand surgit derrière eux un camion qui transforme la promenade en vrai cauchemar. Ils parviennent à échapper à ce chauffard et tombent sur son repaire. Ils découvrent une sorte de conduit qui mène sous terre. Darry tombe dans le trou et découvre un endroit cauchemardesque, où les murs et le plafond sont recouverts de corps cadavériques. Ils s'enfuient à toute allure afin de prévenir les autorités mais c'est sans compter le tueur qui se met à leur poursuite. La situation devient de plus en plus alarmante quand nos deux héros se rendent compte que celui-ci n'a rien d'un humain...

Jeepers Creepers évoque plusieurs films lors de sa vision. On pense bien entendu au "Duel" de Spielberg pour ce qui est du début du film. On passe ensuite à une ambiance proche de celle de "Massacre à la Tronçonneuse" quand Darry découvre l'antre du tueur, véritable lieu infernal, où la caméra prend plaisir à naviguer parmi les cadavres placé sur les murs comme s'il s'agissait d'une oeuvre d'art. La suite s'apparente plus à un "slasher movie" mais assez original, de part la nature du tueur, vêtu comme dans un vieux western de Clint Eastwood. Les effets de maquillage sont assez impressionnants, surtout lors de la transformation ultime du tueur démoniaque. On peut également penser au mythique film de Charles Laughton, "La Nuit du Chasseur", les deux adolescents étant constamment pourchassés et ne trouvant pas de refuge pour échapper au Mal. La réputation de ce film, que beaucoup considèrent comme étant la renaissance du cinéma fantastique et d'horreur est un peu surfaite. Bien qu'attrayant, bien réalisé et bénéficiant d'une ambiance assez glauque, le film laisse une bonne impression mais pas jusqu'à nous faire penser qu'on vient d'assister à la projection d'un pur chef-d'oeuvre comme on avait pu le resentir à la vision de Zombie ou bien massacre a la tronconneuse. Bref, un bon film, mais pas une révélation.

# Posted on Friday, 03 June 2005 at 10:18 AM